Le succès phénoménal de Vente-privee.com, valorisé près de 3 milliards d’euros, fait des émules. Une poignée de sites se disputent la place de numéro 2. Tous les coups sont permis.
«Ah non, ne me parlez pas des concurrents.» D’un geste preste, Jacques-Antoine Granjon retire de sa table basse un album photos datant de 1996. A l’intérieur, des images de façades éventrées et de pièces défoncées. «J’ai lancé le site ici, commente le boss de Vente-privee.com (VP), en ajustant une sorte de châle afghan sur ses épaules. C’étaient les anciennes imprimeries du « Monde », il fallait une lampe torche pour se repérer.»
Aujourd’hui, les œuvres d’art tapissent ses open spaces de Saint-Denis. Ici, une litho de David LaChapelle surplombe la division achats. Là, un ours empaillé brandit deux tronçonneuses. «J’ai transpiré pour construire ce groupe, conclut Granjon. Alors quand je vois que certains nous plagient sans complexes, jusque dans les coquilles de nos conditions générales de vente, ça fait ressortir mon côté guerrier.»
On ne voudrait pas le contrarier, mais son succès n’a pas fini de susciter des vocations. Voilà une décennie que son business prospère sur une idée a priori basique : organiser de grandes braderies sur Internet, en faisant mine de réserver ses bonnes affaires à des visiteurs triés sur le volet. En moyenne, un article qui s’affichait à 100 euros en boutique est acheté par le site entre 16 et 20 euros, avant d’être revendu en ligne aux alentours de 35 euros.
Une fois cette équation posée, vous disent les envieux, l’argent ruisselle dans les caisses. L’an dernier, VP a ainsi annoncé un chiffre d’affaires de 969 millions d’euros, pour une marge nette estimée à 7%. Et, si l’on en croit les bruits du marché, la société vaudrait désormais près de 3 milliards d’euros. Du jamais-vu dans l’histoire du Web français.
Résultat ? On se bouscule pour imiter le pionnier. Depuis trois ans, près de 60 start-up se sont improvisées «spécialistes du déstockage en ligne». TF1 et M6 y sont allés de leurs filiales respectives, Surinvitation.com et L’Invité des marques… déjà revendues. Même désillusion pour La Redoute, qui a fermé son site dédié. Seule une poignée d’entrepreneurs commencent à faire parler d’eux dans ce business.
Bien sûr, tous roulent des mécaniques en évoquant leurs prestigieux investisseurs ou leurs courbes de croissance, sans publier le moindre compte. «Soyons clairs, tranche un gérant de fonds. Personne n’a les moyens de contester l’hégémonie de VP. Mais tous seraient prêts à s’entre-tuer pour devenir numéro 2 français.»
Premier champ de bataille : l’achat des meilleures marchandises. Difficile ici de rivaliser avec VP. Ses commerciaux raflent à peu près tout ce qui passe, des écrans plats Thomson aux diamants du sud-africain De Beers, en passant par des maisons Kaufman & Broad. «Ils sont tellement pros que l’on adore travailler avec eux, confie David Jehan, directeur international du groupe de prêt-à-porter BCBG Max Azria.
Une seule opération avec VP permet d’engranger près de 500 000 euros en moins de trois jours.» Au reste, certaines marques de prêt-à-porter fabriqueraient même, dit-on, des séries uniquement pour VP. Dans le métier, on appelle cela du spécial make-up. Autrement dit du vrai-faux déstockage.
Ses concurrents doivent-ils se contenter des rogatons ? Eh bien, non ! Showroomprive.com, un site lancé il y a peine cinq ans et qui revendique 140 millions d’euros de chiffre d’affaires, a trouvé un argument choc : quand VP ne règle les pièces au fournisseur qu’une fois celles-ci achetées par les internautes, lui n’hésite pas à s’engager ferme, avant même de lancer la vente en ligne. Bien sûr, le coup du gros chèque ne prend pas avec Lancel ou Petit Bateau, assurés de déstocker en un temps éclair. Mais, ces derniers mois, le challenger a réussi à souffler à son aîné deux lots de 100 000 parures Lejaby et Triumph. Et, comme le groupe stocke lui-même les articles dans le Val-d’Oise, il peut livrer ses clients en treize jours, contre vingt-quatre chez VP. «Nous avons désormais les reins assez solides pour remporter les appels d’offres», lance le directeur général, Thierry Petit, en rappelant que la société a levé 37 millions d’euros l’an dernier auprès du fonds Accel Partners, par ailleurs au capital de Facebook.
A bien y regarder, ce groupe peut surtout s’appuyer sur une organisation similaire à celle de Vente-privee.com à ses débuts. Comme chez Jacques-Antoine Granjon autrefois, le site Internet est en effet la vitrine d’un spécialiste du déstockage physique. Si un lot ne trouve pas preneur sur le Web, Showroomprive.com peut alors l’écouler via sa société mère, France Export, fondée en 1988 par la famille Dayan. Et les articles finissent alors dans l’une des 10 000 solderies françaises. «Quand ils n’atterrissent pas sur les marchés de Cracovie», persiflent les mauvaises langues. «Attendez, nuance Thierry Petit, nous veillons toujours à écouler la marchandise dans des conditions impeccables. Vous ne retrouverez pas un polo griffé dans un bac en fer au fin fond d’une banlieue.»
Mais s’il suffisait de mettre la main sur les meilleurs lots… Une fois les contrats signés avec les fournisseurs, chaque site doit battre le rappel des internautes devant les écrans. Et, là encore, avec sa base de 12,3 millions d’inscrits, VP semble avoir capté la quasi-totalité des acheteuses compulsives du Net. «Faux, rétorquent Olivier Le Floch et Stéphane Guillemot, les cofondateurs d’AchatVIP. Sur le Web, les accros au shopping possèdent toujours plusieurs comptes afin de zapper d’un site à l’autre selon les marques vendues.»
Même si ces deux-là concèdent réaliser à peine une trentaine de millions d’euros de chiffre d’affaires, ils sont passés experts en gestion de données. Pour lancer leur start-up, ils ont recyclé les fichiers de leur précédent site, ADSLfacile.com, où l’on peut toujours tester son débit de connexion Internet. «Une bonne partie de nos 3 millions de membres ont coché la case qui leur suggérait de rejoindre un site type AchatVIP», précisent-ils. Malin.
Car un site doit lâcher en moyenne 1,50 euro en publicité (bannières, mots-clés sur Google) pour dénicher un nouveau membre. Et encore une quinzaine d’euros pour que celui-ci commence ses emplettes. Principale technique ? Bombarder le nouveau venu d’offres ciblées, tout en prenant soin de ne pas le fâcher. Car, si la visite du site le déçoit, il finira par se désabonner de la newsletter.
Et, quand un serveur voit passer ce genre de demandes, il peut alors classer l’expéditeur dans la catégorie spam (indé­sirable). Un épouvantail. «Dès que 0,1% de nos e-mails ne sont plus transmis, c’est l’alerte rouge», précise Olivier Le Floch. Pas question, par exemple d’utiliser le terme «sexy» ou «torride» dans le descriptif d’une vente de sex toys. Pour franchir les barrages électroniques, le titre du mail se contente d’utiliser le mot «désir», vous dit-on en souriant.
Pour conclure enfin la vente, encore faut-il soigner la vitrine. Visez Bazarchic.com, qui se présente comme la version branchée de la vente privée, avec un chiffre d’affaires de 60 millions d’euros. Pas de sweats capuche Columbia ici. Ni de chaussures de sécurité Caterpillar. Tout est mis en scène pour laisser croire au visiteur qu’il pénètre dans un magasin digne du Marais. Les marques préférées de la maison ? «Paul & Joe, Les Petites, Bel Air», égrène le fondateur, Liberty Verny, qui n’oublie jamais de citer Zadig & Voltaire, la marque de son beau-frère, Thierry Gillier. Nous accordons un grand soin à la présentation des produits.»
Comme sur tous les grands sites, la moindre liquette est d’abord photographiée sous toutes les coutures par un homme de l’art salarié de la maison. Certes, avec ses soixante studios et ses ingénieurs du son, Vente-privee.com garde une longueur d’avance. Mais le patron de Bazarchic.com, Liberty Verny, estime ne pas avoir à «rougir de ses productions». D’ailleurs, son directeur artistique est un ancien de VP. Quand on évoque ce passage à l’ennemi, Jacques-Antoine Granjon manque de tomber à la renverse : «C’est scandaleux, fulmine-t-il. Mais je n’en dirai pas plus.»
Question de prudence. Car, derrière les sourires de façade, on a le procès facile dans ce business. Un jour, c’est Liberty Verny qui ferraille avec VP pour utiliser librement l’expression «vente privée» sur son site. Un autre, c’est le patron de Brandalley, Sven Lung, qui est condamné par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir posté des messages diffamants à l’égard de certains camarades sur les forums.
Et aujourd’hui, voici ce dernier qui poursuit VP devant l’Autorité de la concurrence pour «abus de position dominante». En attendant le verdict, Granjon préfère hausser les épaules : «C’est comme si vous vouliez embrasser une femme, qu’elle ne veut pas et que vous faites un procès à son mari.» On était prévenus : le déstockeur en chef ne veut pas parler des concurrents.
Source: Olivier Bouchara pour Capital
Les ventes privées : Qu’est ce que c’est ?
Les sites de ventes privées se multiplient sur la toile. Depuis sa mise en place, ce concept fait fureur ! Les internautes des quatre coins du globe peuvent s’offrir une grande gamme de produits de marques à prix cassés. Cependant, on peut se demander ce qui se cache concrètement derrière le concept de vente privée ?
Quel est le principe de ces ventes privées ?
Le principe est assez simple et ambitieux : une grande marque confie à un de ces sites un lot de produits qu’elle propose a des prix sacrifiés. On appelle également cela une vente évènementielle.
A qui sont ouvertes ces ventes ?
Ces ventes ne sont pas ouvertes à tous ! En effet, seuls les membres inscrits sur ces sites privés ont le droit de pouvoir participer à ces ventes. Cependant, si vous désirez vous avoir la chance de participer à ces ventes privées, il vous suffit d’aller sur un de ces sites privés et de vous inscrire…
Combien de temps durent ces ventes ?
Qui dit vente flash ou vente évènementielle dit que ces dernières ne sont pas permanentes, elles ne durent en effet que pendant une période limitée. Sur la plupart des ces sites, ces ventes sont en ligne entre 1 et 4 jours. Le principe étant que les premiers arrivés sont les premiers servis !
Peut-on vraiment faire des affaires sur ce genre de sites ?
Les ventes privées sont très intéressantes, tous les internautes qui fréquentent ces sites vous le diront. Les réductions peuvent s’étendre de 30% à 80% selon les produits. De plus, il y a aujourd’hui en France des dizaines de sites de ventes privées, la concurrence est donc présente… Cela pousse ces sites à proposer aux clients des prix de plus en plus attrayants .
Cependant, certains produits n’auront qu’une faible marge de réduction. Cela s’explique par le fait que la politique commerciale d’une marque vise à ne pas dévaluer un produit devant le consommateur.
Quelles sont les marques présentes sur ces sites ?
Les sites de ventes privées se voient donc confier des produits de grandes marques telles Dior, Festina, Longchamp, Adidas, Channel, Yves St Laurent, Gucci, Guess, D&G… pour ne citer qu’elles ! Il y a également énormément d’autres marques moins prestigieuses ou encore des produits de créateurs qui tentent de percer sur la toile .
Quels sont les sites de ventes privées les plus populaires ?
Les sites de ventes privées sont très nombreux ! Voici pour vous les plus populaires :
Vente Privée
AchatVIP
Brandalley
Voyage Privé
Showroom Privé
L’invité des marques (M6)
BazarChic (Le Figaro)
Espace Max
Bonjour et Bienvenue !
Ce blog se consacre à une analyse du secteur de la vente privée en ligne. Ainsi, et ce à travers une veille régulière et engagée, je vous présente l’actualité de ce phénomène, qui s’étend de plus en plus sur la toile. Bonne lecture !
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